C R I T I Q U E S:

Le gecko vert de Manapany

Text.

Auteur : Yves-Marie CLEMENT

Illustrateur : Simon BAILLY

Illustrateur :

Uni vert / Remous

Text.

Autrice : Stéphanie RICHARD

Illustrateur : David ALLART

 

BELLE CRITIQUE SUR des_images_pour_etre_sage : je clique

 

ET  sur flip_flap_book : je clique

 

 

ET AUSSI sur VIVRE LIVRE : je clique

 

sans oublier l'excellente chronique de Michel Driol sur le site Lietje : je clique 

AU FIL DE L'EAU

Text.

Voir la critique

LA VIEILLE HERBE FOLLE

Text.

Autrice : Jo WITEK

Illustrateur : Léo POISSON

belles critiques sur BABELIO : lire...

 

LIRE L'ARTICLE DE TELERAMA :  Livre pour enfants : “La vieille Herbe folle”, un beau conte écolo qui cultive l’espéranceD’une langue joyeuse et claire, Jo Witek emporte le lecteur dans une fable écologique et poétique sans semer le moindre grain de pathos. À partir de 7 ans.... lire la suite...

 

BELLE CRITIQUE SUR LE SITE RICOCHET

 

COUP DE COEUR ALIASNOUKETTE: lire la critique 

 

COUP DE COEUR D'UNE BERGE A L'AUTRE : lire la critique 

 

La bouche en papier

Text.

Auteur : Thierry Cazals

Illustratrices : Mona Hackel, Pauline Morel, Camille Coucaud, Jihan Dehon 

belles critiques parues sur BABELIO, lire les 4 critiques

 

COUP DE COEUR OPALIVRES : voir l'article

 

chronique sur le site LI&je par Michel Driol

Tom nait avec une bouche en papier. Honte pour ses parents. Souffre-douleur des enfants de l’école, il ne peut articuler le moindre mot. Mais, un jour, ses lèvres se couvrent de lettres : de longs poèmes laissant le monde sans voix. Cette écriture dérange les beaux parleurs, et Tom, suite à une agression, décide de rester muet. Ses parents l’envoient alors gagner sa vie dans un cirque. La fin reste ouverte, avec quatre propositions de chutes différentes quant à ce que devient Tom…

Ce conte poétique se prête à différents niveaux de lecture. D’abord, bien sûr, il y est question de handicap, la bouche en papier du héros signifiant son mutisme, sa fragilité et sa grande sensibilité.  Incompris, rejeté par tous, Tom va se révéler aux yeux des autres comme un extraordinaire poète.  La bouche en papier devient alors symbole de l’écriture poétique, qui dit le vrai, au risque de déplaire aux puissants, et Tom la métaphore du poète, à la fois inadapté et hypersensible, condamné par la société à subir la brutalité des autres, au silence ou au cirque. Les quatre fins possibles  laissent à penser la place que nous réservons  aux poètes et aux écrivains :inutiles et gelés sur la banquise, ou au service des autres et permettant d’apprendre à écouter les couleurs du silence, consolant ceux qui fuient la guerre, ou rencontrant enfin  l’âme sœur, aux oreilles en papier, dans un amour partagé. Le texte est écrit en vers libres et ne cherche pas les effets faciles de style, il se permet tout au plus quelques comparaisons. C’est dans le rythme, les reprises que la langue poétique fait entendre sa respiration, une langue faite pour l’oralisation.

Une fois n’est pas coutume, quatre illustratrices aux styles fort différents accompagnent le texte, en quatre cahiers qui l’encadrent. Cela ouvre à une belle réflexion sur le rapport texte/image, à ce que c’est qu’illustrer un texte comme une forme d’interprétation dans un univers graphique qui tout à la fois en respecte les grandes lignes mais exprime aussi l’imaginaire propre à chaque illustratrice. Papiers découpés et rayures seyes en clin d’œil chez Jihan Coucad, dans des couleurs jaunes dominantes. Grisaille du personnage confronté aux autres en couleurs agressives chez Camille Coucaud. Papiers découpés encore chez Pauline Morel, ainsi que carte à gratter dans une bichromie dominante bleue et rouge et une abondance de papillons comme issus des lèvres de Tom. Personnage croqué dans un univers où figurent des mots écrits chez Mona Hackel dans des dominantes de noir et de jaune.

Un album militant comme définition de la poésie et ode à la liberté d’oser écrire et d’oser interpréter.

 

La lionne, le vieil homme et la petite fille

Text.

Auteur : Nathalie et Yves-Marie Clément

Illustrateur : Madeleine Pereira

 

 

 

La lionne,le vieil homme et la petite fille

Text.

Auteur : Nathalie et Yves-Marie Clément

Illustratrice : Madeleine Pereira

 

LIVRALIRE : Le lundi, un bon livre (mars 2019)

 

Résumé :

Une ville en guerre au Moyen-Orient. La vie quotidienne est difficile pour Hamid, vieil homme esseulé depuis le départ de son fils et de sa famille en Europe, pour Maya, 10 ans, qui vit recluse dans l’appartement familial sans son père enrôlé dans l’armée, et pour Labiwa la lionne, privée de soins et de nourriture comme les autres animaux du zoo. Le besoin d’eau contraint l’homme et l’enfant à sortir et les conduit, par nécessité pour l’un, par hasard pour l’autre, au zoo jusqu’à la cage de la lionne où va se jouer le sort de chacun.

Caractères :

Le récit limpide et dynamique, inspiré d’une histoire vraie, se déroule en huit tableaux dans lesquels les trois protagonistes, introduits par un médaillon personnalisé à leur nom, prennent chacun leur tour la parole. L’intensité dramatique de ce roman choral va crescendo jusqu’au dénouement raconté seulement en images, tel un film d’animation. Avec l’épilogue, on sort apaisé de la lecture, confiant dans l’humanité qui peut être capable du meilleur au milieu du pire. Roman précieux pour son contenu et pour sa construction originale qui permettra une lecture à voix haute en épisodes pour des publics très variés dès 9 ans

 

 

 

 

voir la critique sur https://lelamaquilit.blogspot.com

 

"L'AUTRE"

Text.

Auteure : Christine BEIGEL

Illustratrice : Carole CHAIX

COUP DE COEUR DE LA BIBLIOTHEQUE LOUISE MICHEL

 

recension sur LIVRJEUN 

 

écouter l'émission radio France Bleu Limousin

 

 

LA CRITIQUE DU SITE RICOCHET 

 

blog.mediapart.fr

Actualités laïques I

29 mars 2019 / Charles Conte Édition : Laïcité

PUBLICATIONS

L’Autre, de Christine Beigel et Carole Chaix

Cet ouvrage inclassable se présente comme « un dialogue poétique et coloré pour la laïcité ». C’est un indéniable tour de force que de marier la poésie, l’affectivité, avec un principe juridique et politique comme la laïcité. Cynthia Fleury, avec son article « Laïcité chérie », et Henri Pena-Ruiz, avec son « Dictionnaire amoureux de la laïcité », s’y sont essayé avec bonheur. Nos deux auteures également. Et nous voici devant un bel objet. Un album singulier, dont les soixante pages accueillent des phrases et des dessins à la fois simples et foisonnants. Et qui respectent pourtant l’ordre d’un abécédaire ! Plutôt que de paraphraser, donnons-en des fragments, dus à Christine Beigel : « Ça s’est passé comme ça : j’ai regardé à gauche pour traverser. Et il était là, au coin de la rue. L’Autre… Je lui demande de me parler de ses racines, d’où il vient. On vient tous de quelque part… Cet instant, j’aimerai qu’il dure une éternité… Je lui propose de faire un truc : il laisse sa religion à la maison, et moi, mes stupides grimaces… J’espère qu’il trouvera son chemin dans les courants d’air… Je pense à vol d’oiseau… ». Les dessins de Carole Chaix font vivre les couleurs au travers d’illustrations pleine d’imagination. Les plus originales  représentent des métiers de rêve : conducteur de tapis volant, charmeur de monstres, annonceurs de bonnes nouvelles, coiffeur de mammouths, faiseur de beau temps… Ce bel ouvrage est publié par les Editions du Pourquoi pas. Une association née en 2012, mariant la Ligue de l’Enseignement des Vosges et le site d’Épinal de l’École Supérieure d’Art de Lorraine.  Son site regorge de merveilles… non réservées aux enfants.

 

LA CRITIQUE DU BLOG A VOS MARQUES TAPAGES

Toi, moi, l’autre, les autres : nous… La vie, les rencontres, ici et partout, des mots et des émotions… De A à Z, le cheminement de pensée et de vie de deux enfants se décline au fil des pages de ce très beau livre qui aborde de manière très littéraire la laïcité. Au premier abord, ces deux enfants ne savent rien l’un de de l’autre, ils ne connaissent rien de leur passé… De leur rencontre s’épanouira leur regard sur l’autre, ils avanceront à petits pas dans une relation où ils apprendront à se connaître, à apprivoiser leurs peurs, à se réconforter, à accepter avec tolérance les différences de l’autre, à être plus forts, ensemble, en se disputant et en s’éloignant parfois, pour mieux se retrouver et se réconcilier, plus forts et plus libres dans la conscience de l’autre et dans leur compréhension du monde… Par le biais de dessins évocateurs et colorés qui répondent à des textes poétiques, le jeu de dialogues que nous propose cet ouvrage incite à une libre parole, propice à discussion en famille ou en classe pour décliner les préceptes à ne jamais perdre de vue : liberté, égalité, fraternité, laïcité… A partir de 9 ans.

L’autre de Christine Beigel et Carole Chaix, Pourquoi Pas, 2018 / 14€ (Format 14×24)

 

 

Mille et une miettes

Text.

Voir le livre...

La reine des coquillages

Text.

Auteurs : Nathalie et Yves-Marie Clément

Illustrateur : Simon Bailly

" « Ses créations se nourrissent des rencontres avec les gens. Des échanges où la parole circule, les silences aussi. Elle va au plus près de l'intime des personnes rencontrées, et de cette collecte elle va nourrir son écriture et par cette alchimie, qui lui est propre, elle nous livre un propos universel où chacun peut se retrouver. » Jacques Pumareda évoque ainsi la manière de créer de Bernadète Bidaude que nous connaissons depuis bien longtemps : contes mis en scène, résidences à Elne et à Alénya, long compagnonnage avec la Ligue de l’enseignement et Philippe Coulange qui a fait publier son livre. La première partie, La vie à Oradour, est née d’une rencontre avec Robert Hébras, miraculeusement rescapé du massacre d’Oradour-sur-Glane. La seconde, De sang et de lait a été inspirée par la visite de la maternité d’Elne. Contrastes étrangement mêlés : après le massacre la vie, chemin à refaire chaque jour, ailleurs la vie qui naît au cœur de l’enfermement destructeur et souvent meurtrier. La saisie de moments intimes, d’objets et de jeux, d’amours et de rencontres, et surtout la poésie, l’infinie veine poétique de Bernadète qui transpose tout cela, le fait vivre autrement, en scènes et scénarios, en chants et en danse. Bernadète promène partout, ô bonheur, ce chant pour la vie, pour le souvenir, pour la joie. Lisez son livre, souffrez et soyez heureux. [...] "

 

Yvette Lucas

"Ce livre pour les 10-12 ans est doublement réussi. Le format d’un petit cahier, les paysages pleine page et les visuels d’objets en ouverture de chapitres, les respirations données par  les sauts de ligne, en font un bel objet. Quant à l’histoire, elle met, tout en délicatesse, la question des réfugiés à la hauteur d’un enfant d’ici, replié sur lui-même, qu’un témoignage écrit et un contact téléphonique vont bousculer, émouvoir et faire grandir. [...]"

Prix Bernard Versele

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Mo

Auteur : Julia Billet

Illustrateur : Simon Bailly

 

Mo, sans T, est un grand bonhomme en forme de point d’exclamation. Il est gardien, bien connu du quartier… Autour de lui, pendant les trois premières doubles pages, des arbres, des gens - jeunes en scooter ou au foot, petits au bac à sable, personne âgée avec canne et longue robe blanche - , des immeubles, des espaces partagés, un environnement visiblement urbain, mais pas de mots avec T. Ceux-ci arrivent avec le facteur, normal ! Et les lettres des bâtiments suivent celles du facteur, mais Mo n’a pas ses lunettes. Pas grave, nous partons vers le bâtiment A et croisons des gens en forme de A , mais sans mots… Il faut ensuite régler une histoire de colis échangés, puis un problème de tags, puis affronter des piles de papiers qui s’amoncèlent… Et puis il faut encore écrire pour la dictée des légumes… On comprend bien que lettres et mots embarrassent Mo et le font souffrir. Mais peut-être est-ce son tour de faire appel à l’esprit d’entraide et de solidarité qu’il a défendu tout au long de cet album ? Car la question de la lecture, de l’illettrisme, du handicap social que cela représente est associée à des thématiques positives, bien dans l’air du temps, comme le lien social, le dialogue intergénérationnel et interculturel, les jardins partagés et tous ces systèmes d’entraide et d’échange qui recréent ce fameux lien social dont il est tant question aujourd’hui.
Une jolie histoire très actuelle donc, remarquablement illustrée par Simon Bailly, major de la promo 2016 à l’Ecole Supérieure d’Art de Lorraine, dont c’est le premier album. On peut s’amuser à débusquer les lettres plus ou moins cachées parmi les piles de papiers ou déguisées en personnages, eux-mêmes vêtus de lignes ou de carreaux rappelant les cahiers d’écriture. Et lorsqu’il a enfin dompté ces lettres et ces mots, « Mo est plus léger. Mo est plus libre ».


Laurence Leffèbvre

" Ces deux textes courts, de la collection Faire Société, sont deux histoires d’amour qui se lisent très facilement et très vite. Elles sont parfaites pour les lecteurs débutants.

 

Dans 1+1=1, deux personnes s’aiment mais elles sont de cultures différentes. Lui regarde toujours sa montre et elle ne compte pas le temps car dans sa culture d’origine c’est ainsi que cela se passe : « – Tu sais, chez moi il n'y a aucun mot pour dire le temps. Dans mon pays, chacun ca à son rythme, et chaque rythme est le bon. La vie va comme elle vient, on la pernd sasn compote. Je ne sais pas quel est mon âge, ni quel jour je suis née. ma mère n'a pas écrit à quelle date j'ai mis un pied devant l'autre, elle n'a ni minuteur ni doseur pour faire la cuisine, et cela n'a aucune importance. D'ailleurs, elle cuisine merveilleusement bien ! » Même si ce n’est pas toujours facile, ils décident de tout faire pour continuer à s’aimer.  Ils projettent d’éduquer leurs enfants dans le respect de leurs deux fonctionnements.

 

Le sauvage est une correspondance  entre deux amis dont l’un est amoureux d’une jeune fille qu’il a rencontrée au Brésil. Il décide de repartir pour vivre avec elle. Son ami Lucas tente de décourager Enzo : « Sincèrement, je trouve que ce n'est pas une bonne idée de quitter ton pays pour cette Indienne. Débarrasse-toi au plus vite de ces pensées et de ces sentiments qui ne t'apporteront que du tourment. Tu as envie de devenir un sauvage ? » Enzo partira quand même retrouver Enola.

 

Les deux histoires d’amour montrent que ce n’est pas simple de partager la vie avec quelqu’un qui a une autre culture mais c’est formidablement enrichissant. [...]"

" « Je crois aussi que tout le monde a le droit au meilleur là où il vit, et que la rencontre artistique aide à la fois au dérangement et au réenchantement du monde. » Voilà comment Bernadète Bidaude introduit son livre de fiction réalisé à partir de deux témoignages.

La première partie La vie à Oradour donne la parole à Robert Hébras qui a vécu le massacre du 10 juin 1944 dans l’église d’Oradour-sur-Glane. Du village, il ne reste que six survivants : une femme, cinq hommes dont Robert, qui a perdu sa mère et ses deux sœurs, et à l’époque il n’était qu’un adolescent. Il est très dur d’être l’un des seuls rescapés : « "Refaites votre vie !" Refaire sa vie, mais quelle expression ! S’il y a bien une chose qu’on ne puisse pas refaire, c’est bien sa vie. On continue comme on peut. »

« Sous l’histoire, la mémoire et l’oubli. Sous la mémoire et l’oubli, la vie. Mais écrire la vie est une autre histoire. » Paul Ricœur.

« Comment se taire à l'heure de ceux qui réécrivent l'histoire. Comment se taire à l'heure des slogans affichés sans vergogne : 732, Poitiers... Ils t'en ont pas parlé ? ou bien Défends-toi, ici c'est chez toi et encore Leur culture ne doit pas remplacer la nôtre. Comment se taire, à l'heure où ils organisent des "apéros saucisson-pinard" ou lorsqu'ils distribuent aux SDF de la soupe au cochon, afin d'en priver ceux dont la religion leur interdit l'ingestion de viande porcine.Ah oui, il est temps que I'on parle ! »

Alternent les souvenirs de cette terrible journée et les efforts quotidiens pour continuer à vivre ainsi que des poèmes de Valérie Rouzeau et Lucien Jacques. [...]"

Balad' en page

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" [...]  Deux textes d’une grande justesse, d’une grande sincérité, d’une grande perspicacité, d’une grande force, d’une grande profondeur. Deux textes engagés, vibrants d’émotion, portés par les mots mûrs, ciselés, exquis, choisis avec soin et finesse. [...]

" [...] L’écriture est fluide, limpide, musicale par moment. Thomas Scotto complète ce joli tableau par des illustrations épurées et classieuses : il joue avec les textes, collages et recrée un univers très « Belle Époque », totalement en phase avec Paris, 1909.Extrait critique [...] "

Yaël HASSAN, C’est l’histoire d’un grain de sable… 

 

Un enfant différent fait tout de travers. Il a du mal à s’habiller, à écrire… Il fait penser à un enfant dyspraxique qui sera toujours gêné par ce qui fait appel aux gestes. Il va falloir qu’il vive avec ce grain de sable qui perturbe son fonctionnement mais que peu à peu il pourra apprivoiser.

« C’est l’histoire d’un grain de sable qui passait par là par hasard. À la naissance du petit garçon, le grain de sable était déjà là mais on ne le savait pas. On disait du petit garçon qu’il était rêveur, maladroit, avait parfois la tête en l’air et perdait souvent ses affaires. Parce que personne ne savait encore que c’était la faute du grain de sable qui était passé par là tout à fait par hasard.Pourtant, le petit garçon, lui se sentait un peu différent des autres enfants. »

Tous les gestes auxquels nous ne pensons pas vont poser problème à cet enfant qui doit fournir des efforts tout le temps pour tous ces gestes du quotidien comme par exemple mettre son pantalon, boutonner sa chemise, lacer ses chaussures, faire du vélo... C’est aussi compliqué à l’école.

Des questions terminent le texte comme par exemple : Lorsque tu côtoies quelqu’un qui a un « grain de sable » comment réagis-tu ? Que fais-tu de concret pour l'aider ?

 

 

Anne MAUSSION, La tête dans les nuages

 

Marie est différente. Nous avons le point de vue d’un frère ou d’une sœur, situation pas toujours évidente : « Ma sœur, elle est différente. C’est maman qui dit tout le temps ça. Elle le répète à chaque fois que Marie s’envole un peu dans sa tête et ça arrive souvent. C’est vrai qu’elle n’a jamais beaucoup parlé, ma sœur, mais c’est parce que personne ne sait l’écouter. Marie, elle parle avec les yeux. Elle dit beaucoup de choses sans avoir besoin de mots et moi j’adore la regarder raconter ses histoires. Maman me rappelle souvent de la laisser tranquille parce que ma sœur a besoin de se reposer. Mais qui sait vraiment ce que veut Marie ? Elle vit dans son monde à elle. Un monde qui fait sûrement peur aux adultes, parce que j’ai souvent vu maman pleurer en parlant de ça avec papa. »Elle parle peu. Elle se met parfois dans des colères noires sans prévenir. Elle adore faire des bateaux en papier sur la plage. Il y a des moments douloureux et de beaux moments de partage. Ici aussi, quelques questions prolongent le texte : Connais-tu d’autres enfants comme Marie ? Quel est ton ressenti lorsque tu te trouves dans une telle situation ?...

 

Voilà deux livres excellents sur deux enfants différents. Évidemment, c’est compliqué pour eux mais le positif de la situation apparaît aussi. Ce sont deux textes qui se lisent très facilement et qui vont permettre d’aborder ce thème essentiel, comment vivre avec sa différence ?

 

 

Chambre d'ombre

Auteur : Julia Billet

Photographie de Patrick Jacques

 

"Chambre d’ombre est un titre tout nimbé de mystère d’une exposition du photographe lorrain Patrick Jacques, présentée par la SAMM à la médiathèque Victor Hugo de Saint-Dié-des-Vosges jusqu’au 24 décembre 2016. Un retour aux sources où il a grandi et a affirmé un talent reconnu dans le milieu photographique (Vis-à-Vis international, le Monde et Libération…), et présenté à plusieurs reprises sur les cimaises des Rencontres internationales de photos d’Arles. Auteur de nombreuses commandes et reportages en Lorraine, et pédagogue (il enseigne depuis vingt ans la photographie à l’Ecole supérieure d’arts de Lorraine d’Epinal), il affirme ici une fois de plus son intérêt pour toute forme d’approche expérimentale de la photographie. Au même titre qu’il avait, par exemple, participé à la réalisation d’un sténopé avec les élèves d’un lycée professionnel de Morhange en 2004-2006. Ici encore, en l’occurrence, ce versant de son œuvre singulière aurait pu avoir pour titre « aux sources du regard » car il en réfère à l’œuvre et expérimentations de pionniers de la photographie..."

Parole de papillon

Auteur : Cécile ROUMIGUIERE

Illustrateur : Léa DJEZIRI

 

« Kosovo, été 1999. 

Cache-toi Todor ! Cache-toi… Le vent souffle. Un vent chaud, et lourd. 

C’est le début de l’été. Elle avait des cheveux doux, sa mère. Ils étaient bruns et un peu roux aussi, comme les feuilles des arbres en automne, et brillants comme la châtaigne. Elle lui a crié de se cacher quand ils l’ont emmenée. Alors Todor a couru. Ils ont tiré sur son père qui courait vers elle. Todor l’a vu s’écrouler par terre, mais il n’a pas crié. Après ça, Todor n’a plus rien vu, plus rien entendu. Il s’est accroupi sous l’appentis, derrière la réserve de bois. Les yeux fermés, les poings sur les oreilles, il a attendu. Il a senti l’odeur des maisons qui brûlaient. Il ne se rappelle pas s’être endormi, mais quand il a rouvert les yeux, il faisait nuit. » 

 

Après les corps qui vacillent, le silence. Todor est seul et les larmes refusent de couler. Autour de lui, une terre brûlée… Toujours debout, sa canne à la main, son grand-père. Un regard, des mains qui se serrent sans un mot, et c’est le grand départ. Todor ira retrouver son frère Milan. Il lui racontera qu’ils ont emmené sa mère. Tué son père. Dévasté son village… Et Todor ne sera plus seul. 

Sur sa route, Todor croise les vestiges d’hier, les ruines de la maison de son ami Dorian, son copain albanais, à qui il a tout juste eu le temps de dire au revoir. Todor ne se retourne pas et marche droit devant lui, à la poursuite de ce beau papillon blanc qui l’emmène on ne sait où. Devant, il y a toutes ces charrettes et ces voitures pleines à craquer. Un « grand défilé de tristesse », un long « fleuve humain » qui charrie des hommes, des femmes et des enfants aussi sales et affamés que lui… Mais devant, il y a Milan. Alors Todor avance, guidé par ses souvenirs des jours heureux et son fol espoir en l’avenir… 

Todor échoue dans une ville faite de tentes. Une ville pansement. Une ville transit. Et là, Johanna. Tout est doux chez Johanna. Sa voix. Sa chevelure. Sa main qui se pose doucement sur son épaule. Johanna n’est pas sa mère mais elle en a le parfum. Todor n’est plus seul… 

 

« J’ai écrit Parole de papillon avec l’idée absurde et vitale de réparer les tissus des histoires déchirées. » Trois photos et le destin brisé d’un autre Todor sont à l’origine de ce très beau texte qui se veut un hommage « à tous les enfants qui souffrent et meurent des guerres que font les adultes. » Tout est dit. Et aujourd’hui, rien n’a changé… C’est dire si ce texte fait battre le cœur tant il crie haut les absurdités d’un monde qui empêche les enfants de grandir… 

Cécile Roumiguière dit à merveille ces vies entre parenthèses. Elle dit l’errance et l’exode. Elle dit l’humain et l’espoir. Sublimés par les encres de Léa Djeziri, ses mots instillent de la poésie au cœur même de l’horreur… Sublime ! 

 

Une pépite jeunesse qui inaugure à merveille la reprise du rendez-vous que je partage avec Jérôme…!

Voir le livre...

 

Parole de papillon

Auteur : Cécile ROUMIGUIERE

Illustrateur : Léa DJEZIRI

 

Rien de tel qu’un joli titre de Cécile Roumiguière pour finir la journée, le week-end, la semaine et presque même l’année. Dans ce petit roman, une histoire forte et optimiste. Une histoire qui permet à l’auteur de prendre le contre-pied de l’Histoire qui elle, n’a pas épargné l’enfant.

A la base de cette histoire, trois photos et l’histoire d’un petit Todor qui, lui, est mort à 8 ans sous la balle d’un policier. Un texte qui est né il y a longtemps, pendant la guerre du Kosovo. Un texte que je suis ravie de pouvoir lire grâce aux Editions du Pourquoi pas. 

L’histoire du petit Todor n’est pas celle de cet enfant mort, le choix du prénom est surtout un hommage. Une pensée vers tous ces enfants victimes de la pauvreté et embringués dans des exodes épuisants et périlleux. Le petit Todor du livre suit un papillon blanc et il espère bien retrouver son frère, Milan. Il ne sait pas non plus où est sa mère. La guerre a tout balayé. L’enfant est seul dans le monde devenu fou. L’exode, le camp de réfugiés, la peur, mais aussi Johanna.

Mais au bout : l’espoir ? 

 

Parole de papillon fait partie de ces grands textes pour la jeunesse. Il est de ceux qui racontent aux enfants (et à leurs parents) l’enfance à l’autre bout du monde, qui enseignent la tolérance et qui montrent avec pudeur les douleurs de ceux qui fuient la guerre, la faim, l’horreur. Un texte qui m’a beaucoup touchée, dont chaque mot est juste, correctement choisi et fait mouche. On espère avec Todor et on aimerait que la vie soit aussi belle que les histoires de Cécile. On aimerait

que tous les petits Todor du monde puissent trouver la paix auprès des gens qu’ils aiment.

Yves-Marie Clément / Audrey CLAUSS

illustrations de Lou REICHLING 

Collection : Faire société

 

CRITIQUE D'OPALIVRES (LE TUTEUR)

Le monde est injuste, c’est un fait. Il faudrait y remédier. En donnant exactement la même chose à chacun, il doit être possible de nous rendre égaux, non ? Marco tente donc une expérience : il va créer l’égalité des chances au moins dans un semis de haricots… échec ! 

A partir de cet exemple simple qui guide la réflexion pas à pas « le tuteur », fascicule de quelques pages, permet de saisir la complexité des variables qui conduisent à la différence et à l’inégalité. Mine de rien le texte soulève aussi la question du totalitarisme et des insuffisances d’une société uniforme. 

 

Le texte est soigneusement rédigé avec des termes simples pour être accessible aux enfants du primaire. Il s’accompagne de photos réalistes d’un quadrillage numéroté qui sert bien l’idée générale d’un départ uniforme… qui n’empêchera pas la fantaisie à l’arrivée. 

 

Utile et pédagogique : qui oublierait ce haricot blanc de l’enfance, amoureusement arrosé sur son coton et la merveilleuse petite pousse verte qui surgit sans prévenir ? 

A recommander à partir de 7 ans

 

 

lire la CRITIQUE SUR LE SITE LI&JE : 

MO

Auteur : Julia BILLET

Illustrateur : Simon BAILLY 

 

« Mo » raconte la vie quotidienne toute simple d’un gardien d’immeuble et suggère que l’univers des grands ensembles peut, grâce à quelques initiatives, devenir plus accueillant si l’on s’entraide. 

D’ailleurs, c’est son métier à Mo, dépanner les autres et tout irait bien si ce n’est quelques petits tracas dont le plus ennuyeux concerne l’accumulation de lettres à rédiger. Heureusement, un habitant attentif a compris le secret de Mo : il ne sait pas très bien lire et écrire et lui propose son aide. 

Avec l’aide de cet habitant et une fois le retard résorbé, le gardien trouvera le courage de s’alphabétiser seul, peu à peu. 

Le texte facile à lire est illustré avec une douceur bleue, blanc, rose stylisée qui évacue toute connotation de violence péri-urbaine. Le personnage est mis en scène sans paroles dans la variété de ses occupations ; seuls les immeubles constitués de piles de feuillets A4 évoquent ce qui le contrarie. 

Une réflexion menée avec sensibilité et doigté sur un aspect de notre vie contemporaine. 

A recommander à partir de 8 ans

Résumé de l’éditeur : J’ai une amie. Je trouvais qu’elle avait changé mais elle ne voulait pas me délivrer son secret. J’ai un ami. Un vrai. Il ne ressemble pas du tout à l’ami tel que je me l’imaginais. Mais même quand on ne se voit pas, je pense à lui, et ça m’aide vraiment ! 

Pourquoi est-ce que je l’ai aimé ? J’aimerais vous faire découvrir quelque chose d’original, de puissant et de délicat en même temps. C’est un petit livre aux éditions Du pourquoi pas ? qui a attiré mon attention grâce à son format, à sa construction et à ses couleurs. Il s’agit de deux histoires différentes qui abordent le même sujet et qui sont racontées par deux narrateurs. J’aime bien cette idée de deux avis personnels (ici celui d’une fille et celui d’un garçon) présentés en recto-verso dans le même livre. Cette mise en scène semble encore plus accentuer la force du message transmis par l’auteur ainsi que la conclusion identique à laquelle arrivent chacun des personnages, en plaçant harmonieusement leurs découvertes respectives au milieu de l’album. 

Mais de quelle découverte s’agit-il, alors ? Je vous répondrai tout de suite qu’il s’agit ici de la découverte de l’amitié, d’une amitié extraordinaire, sincère et précieuse, belle dans sa force

et sa fidélité : d’une amitié avec le LIVRE ! Pourtant, pour arriver à cette révélation, chacun suit

son propre chemin, passe par des questionnements, des doutes et des peurs, apprend à surmonter des obstacles composés de préjugés, de moquerie et de scepticisme. Car cette merveilleuse amitié est bâtie sur la confiance et la patience, elle ouvre les yeux, elle comble, elle enrichit… 

 

J’ai apprécié le style tranquille et confiant de l’écriture de François David, ses mots simples, accessibles et justes qui montrent toute la profondeur de la quête intérieure des personnages,

de leur transformation, du plaisir qu’ils ont trouvé dans la lecture. Quelques questions posées

au lecteur à la fin de chaque narration ajoutent une touche personnelle au récit, font appel

à la réflexion, à l’association de sa propre histoire avec celle des protagonistes. 

Le texte est formidablement accompagné par les illustrations fantaisistes (aux techniques mixtes) de Manuela Ferry. Les couleurs rouge et bleue dans toutes leurs nuances se réunissent avec une certaine musicalité pour faire vibrer les images, pour les faire parler, pour nous transporter dans un univers mystérieux et attrayant, celui du LIVRE. Car quand on touche un livre, tout un monde vient à naître, il se met à fleurir, à grandir, à nous envelopper, à nous procurer de la joie

et du bonheur… 

Un beau conte moderne qui saura parler à ses lecteurs et les inviter dans un voyage fabuleux.

Un petit bijou à ne pas manquer !

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